Le thé, un héritage chinois… détourné par les Arabes
Oued Beht
8 novembre 2025
Le thé, un héritage chinois… détourné par les Arabes
qui l’importaient de Chine via la Route de la Soie. Mais ce sont les Arabes qui l’ont "arabisé" en y ajoutant des herbes locales comme la menthe, la sauge ou le thym, créant une boisson unique.
Un détournement malin : Au Maroc, on raconte que les marchands cachaient les feuilles de thé dans des balles de tissu pour éviter les taxes des caravanes. Les femmes berbères l’utilisaient ensuite pour parfumer leurs plats avant de découvrir son usage en infusion !
Le thé à la menthe, une invention "accidentelle" ?
Légende marocaine : Au XVIIIᵉ siècle, des marchands britanniques auraient offert du thé vert au sultan Moulay Ismail (grand bâtisseur de Meknès). Pour adoucir son amertume, on y aurait ajouté de la menthe sauvage des montagnes de l’Atlas… et du sucre, alors rare et précieux. Le mélange aurait conquis la cour, puis le peuple !
Symbole de résistance : Pendant la colonisation, le thé à la menthe est devenu un emblème de l’identité marocaine, un moyen de préserver ses traditions face à l’influence étrangère.
Le thé, monnaie d’échange et objet de pouvoir
Au Sahara : Les caravanes transsahariennes utilisaient les briques de thé compressé comme monnaie d’échange, au même titre que le sel ou l’or. Les Touaregs appelaient d’ailleurs le thé « l’or vert ».
Diplomatie par la théière : Au XIXᵉ siècle, les chefs de tribus scellaient des alliances en partageant un thé. Refuser de boire celui d’un rival équivalait à une déclaration de guerre !
Le sultan et son thé : Le sultan Hassan II du Maroc avait pour habitude de recevoir ses invités avec un thé à la menthe préparé de ses propres mains, un geste pour montrer son respect et son humilité.
Le thé, star des révolutions et des récits
Pendant le Printemps arabe : En Tunisie et en Égypte, les manifestants buvaient du thé dans les places publiques pour tenir les sit-in. Les théières devenaient des symboles de résistance pacifique.
Dans "Les Mille et Une Nuits" : Le thé est souvent mentionné comme une boisson magique, capable de guérir les maux ou de révéler des vérités. Une histoire raconte qu’un marchand de Bagdad aurait évité une guerre en offrant un thé parfumé à deux rois ennemis !
Le thé des poètes : Le célèbre poète Ibn Arabi (XIIᵉ siècle) écrivait que « le thé lave l’âme comme l’eau lave le corps ». Au Maroc, les conteurs des places Jemaa el-Fna boivent traditionnellement un thé avant de commencer leurs récits pour « purifier leur voix ».
Des rituels insolites
Le thé "à l’envers" des Bédouins : Dans le désert, les Bédouins servent parfois le thé en versant d’abord dans le verre de l’invité, puis dans le leur, pour montrer qu’ils ne craignent pas le poison (une vieille coutume de confiance).
Le thé des morts : En Algérie, lors des veillées funéraires, on sert un thé très sucré et parfumé à la fleur d’oranger pour « adoucir le passage de l’âme ».
Le thé des mariages : Au Yemen, la famille de la mariée offre un thé épicé (avec gingembre et cardamome) au futur époux. S’il le boit d’un trait, c’est signe qu’il accepte le mariage !
Le thé, un enjeu géopolitique
La "Guerre du Thé" arabe : Au XVIIᵉ siècle, les Anglais ont tenté d’imposer leur thé noir dans les colonies arabes, mais les populations locales ont boycotté la boisson, lui préférant le thé vert chinois… par patriotisme !
Le thé et le pétrole : Dans les émirats du Golfe, servir du thé (souvent parfumé à la rose ou au safran) est un moyen pour les chefs tribaux de montrer leur richesse… sans ostentation. Une théière en argent massif pouvait valoir plus qu’un chameau !
Pourquoi ces anecdotes résonnent encore aujourd’hui ?
Le thé dans le monde arabe, c’est :
🔹 Un héritage de résistance (face aux colonisateurs, aux pénuries).
🔹 Un outil de diplomatie (pour sceller des paix ou des mariages).
🔹 Un symbole de ruse et d’adaptation (mélanger menthe et sucre pour créer une identité unique).
🔹 Un lien entre le sacré et le quotidien (des rituels funéraires aux discussions politiques).
« Un peuple sans thé est comme un jardin sans fleurs. » — Proverbe yéménite.



















