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Les gardiens de la sagesse et les imposteurs du sacré


Dans l’ombre des véritables chamanes, ces gardiens des traditions péruviennes qui pratiquent depuis plus de quarante ans la médecine des plantes, des chants et des esprits, une ombre grandit : celle des pseudos chamanes autoproclamés. Ces derniers, souvent issus de cultures étrangères ou de formations express, surfent sur la quête spirituelle des Occidentaux en mal de sens. Mais comment distinguer l’authentique de l’illusion ? Et pourquoi cette différence est-elle si cruciale ?



Les véritables chamanes : des décennies de savoir et d’humilité


Au cœur de l’Amazonie péruvienne ou des Andes, les chamanes traditionnels — comme ceux que l’on rencontre près de Pucallpa, Iquitos ou Cusco — sont des détenteurs d’un savoir transmis de génération en génération.


Leur pratique ne se limite pas à des rituels spectaculaires ou à des cérémonies d’ayahuasca "clé en main".


Elle repose sur :


  • Une connaissance approfondie des plantes : Des centaines d’herbes médicinales (ayahuasca, sananga, toé, coca), leurs préparations, leurs dosages, et leurs interactions avec le corps et l’esprit.

  • Un lien avec les esprits de la nature : Les apus (esprits des montagnes), les yoshis (esprits de la forêt), et les doctores (esprits enseignants) sont des alliés invisibles mais essentiels. Un vrai chamane dialogue avec eux pendant des années avant de guider autrui.

  • Une éthique stricte : Pas de promesses miracles, pas de tarifs exorbitants, pas de mélanges hasardeux avec des substances modernes. Leur rôle est de guérir, pas de divertir.

  • L’humilité : Un chamane authentique ne se présente jamais comme tel. C’est la communauté qui le reconnaît, après des décennies de service.


Exemple : Don Manuel, un chamane shipibo de 72 ans près d’Iquitos, a commencé son apprentissage à 12 ans. Il passe encore trois heures par jour à préparer ses remèdes, à chanter des icaros (chants sacrés) et à jeûner pour purifier son esprit. "Un chamane ne guérit pas, dit-il. Il ouvre seulement la porte pour que la personne se guérisse elle-même."


Les pseudos chamanes : le business de l’illusion


À l’opposé, les imposteurs — souvent des Occidentaux ayant suivi un stage de deux semaines ou des locaux opportunistes — transforment des traditions sacrées en produits de consommation. Voici leurs marques de fabrique :


  • Des certifications express : "Devenu chamane en 10 jours" grâce à un stage payant dans une "école" de Cusco ou de Lima. Aucun lien avec les lignées traditionnelles.

  • Des rituels standardisés : Cérémonies d’ayahuasca organisées comme des spectacles, avec des listes d’attente et des tarifs dignes d’un club privé (jusqu’à 300 € la nuit).

  • Un discours marketing : Promesses de "guérison instantanée", de "révélations cosmiques", ou de "nettoyage des chakras en une séance". La spiritualité devient un argument de vente.

  • Un manque de suivi : Après la cérémonie, plus de contact. Aucun accompagnement pour intégrer l’expérience, alors qu’un vrai chamane reste disponible pendant des mois, voire des années.


Exemple : À Pisac ou Ollantaytambo, des "chamanes" proposent des cérémonies de despacho (offrandes) ou de sananga (gouttes oculaires purificatrices) en 30 minutes, pour 50 €. Leurs "connaissances" ? Un livre acheté sur Amazon et quelques mots en quechua appris par cœur.


Pourquoi cette différence est-elle si importante ?


  1. Un risque pour la santé :

    • Les mélanges hasardeux de plantes (ex. : ayahuasca + médicaments antidépresseurs) peuvent provoquer des crises d’angoisse, des hallucinations traumatisantes, voire des comas.

    • Les pseudos chamanes ignorent souvent les contre-indications (problèmes cardiaques, troubles psychiatriques).

  2. Une dilution des traditions :

    • Les savoirs ancestraux, transmis oralement, risquent de disparaître si les jeunes générations préfèrent le business facile à l’apprentissage rigoureux.

    • Les communautés locales (comme les Shipibo, Ashaninka ou Q’ero) voient leurs traditions volées et commercialisées sans retenue.

  3. Une expérience spirituelle vidée de sens :

    • Une cérémonie d’ayahuasca menée par un vrai chamane est un voyage initiatique, souvent difficile mais transformateur. Avec un imposteur, elle devient un trip psychédélique sans âme, voire dangereux.

    • Comme le dit un chamane quechua : "L’ayahuasca n’est pas une drogue, c’est une grand-mère. Elle te parle si tu sais écouter. Sinon, elle te punit."

Comment reconnaître un vrai chamane ?

Si tu envisages de rencontrer un chamane lors de tes voyages (au Pérou ou ailleurs), voici quelques critères essentiels : Il est recommandé par la communauté locale (et non par TripAdvisor). Il parle peu de lui mais écoute beaucoup. Son rôle est de te guider, pas de t’impressionner. Il demande des détails sur ta santé (physique et mentale) avant toute cérémonie. Il ne promet rien : pas de "guérison garantie", pas de "révélations cosmiques". Juste un accompagnement. Il pratique depuis des décennies (et non des semaines). Son savoir se voit dans ses mains, ses chants, sa présence. Il vit simplement : Pas de villa luxueuse ou de 4x4. Souvent, sa maison est une modeste hutte en bois, entourée de plantes médicinales.

⚠️ Méfie-toi si :

  • Il te parle d’abord d’argent.

  • Il mélange allègrement ayahuasca, champignons et autres substances sans explication.

  • Il te propose une "expérience chamanique" en 2 heures, comme une activité touristique.


"Un chamane n’est pas celui qui se dit chamane, mais celui que la forêt, les montagnes et les esprits reconnaissent comme tel."



 
 
 

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Auteur : Phil Tchang
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