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Voyage au cœur de l’invisible : histoires, sourires et résilience dans les bidonvilles de Phuket 

  • 21 févr.
  • 3 min de lecture

Pour ma quatrième – et peut‑être dernière – année en Thaïlande, ce pays aux mille couleurs, j’ai décidé d’aller au-delà des plages éclatantes de Phuket que j’avais déjà explorées lors de mes précédents séjours. J’ai pris le chemin moins fréquenté, celui qui mène aux bidonvilles où vivent les invisibles, ces âmes discrètes que le tourisme de masse ne touche jamais.


Assis directement sur le sol, entouré de leurs sourires chaleureux malgré la précarité, j’ai partagé des moments d’une rare intensité. Mon fidèle traducteur, propulsé par l’intelligence artificielle, a été le pont qui nous a permis de dialoguer, de rire, de pleurer ensemble. J’ai rencontré des personnes aux dents parfois manquantes, mais dont les yeux brillaient d’une résilience et d’une gentillesse infinies.


Je voulais comprendre leur quotidien, leurs rêves, leurs points de vue sur les bouleversements du monde dont ils restent, à juste titre, ignorants : un peuple qui subit les décisions folles des grands dirigeants sans jamais saisir pourquoi cela les affecte. En tant que militant d’Amnesty International depuis des années, j’ai essayé de leur rendre la dignité qui leur revient, de parler d’égal à égal, sans aucune barrière entre nous.


Ce mois de février passé au cœur de cette partie de l’Asie a été une véritable leçon d’humanité. Il a nourri mon cœur et renforcé mon désir de m’engager davantage, dès mon retour en France, pour porter la voix de ceux qui n’en ont pas.




Parmi toutes les personnalités que j’ai croisées, certaines ont particulièrement retenu mon attention. J’ai passé davantage de temps avec elles, découvrant des êtres d’une gentillesse exceptionnelle, dont le sourire constant dissimule habilement la précarité et la souffrance qu’ils portent.



Petit marché permanent aux portes de Phuket : emplacement




Au village des Gitans de la Mer : Sea Gypsy Village


Le « Sea Gypsy Village » de Phuket désigne surtout la communauté des Moken (ou « sea gypsies ») qui vit le long de la côte sud‑ouest de l’île, notamment à Rawai et, à proximité, à Ko Panyi dans la baie de Phang Nga.


Ce sont des peuples austronésiens nomades depuis plusieurs millénaires, appelés aussi Na Goo ou Dtee Bak (« Lions de la mer »). Leur langue mêle du malais et des dialectes locaux, et elle n’a pas de forme écrite officielle .


Traditionnellement ils vivent en harmonie avec l’océan : pêche à la ligne, piégeage, plongée à l’aide de compresseurs rudimentaires et collecte de produits marins (cavernes, perles, oursins). Une grande partie de leurs revenus provient de la pêche profonde et de la construction de pièges à poisson, activité très physique et dangereuse .



Lors du tsunami de 2004, les Moken ont survécu en grande partie grâce à leur connaissance approfondie des signaux naturels (comportement des animaux, variations de la mer) et ont pu se mettre à l’abri avant la vague .




Pour préserver la vie privée de cette famille, j’ai choisi de prendre du recul sur la carte et de rester vague quant à leur localisation exacte. Parmi toutes les rencontres que j’ai faites, la plus surprenante a été celle avec cette mère et ses nombreux enfants – certains ne figurant même pas sur la photo. Leur logement était très modeste, et pour les atteindre, j’ai dû arpenter pendant longtemps un labyrinthe de ruelles de bidonvilles, guidé uniquement par le désir d’arriver à la petite rivière, sans savoir ce qui m’y attendait.




Lorsque le sentier s’est finalement interrompu, au creux d’un méandre de la rivière, je l’ai trouvée : assise sur le sol, entourée de ses plus petits. Installé au milieu de cette petite tribu, j’ai vécu un échange d’une intensité incroyable. Adopté par leur chaleur humaine, j’ai partagé un moment de tendresse et de confiance. Au crépuscule, il m’a fallu reprendre la route à moto ; cette fois, grâce au GPS, j’ai évité de tourner en rond et j’ai pu repartir le cœur rempli de gratitude.




Il y aurait encore tant d’autres clichés, tant d’histoires émouvantes à raconter ; je les garde toutefois dans mon jardin secret.




Clarification


Avant même la publication de ce post, je m’attends, comme à l’accoutumée, aux critiques qui ne manqueront pas de fusér. Je tiens à le préciser : lorsque je prends congé de mes hôtes, il m’arrive d’offrir un présent, adapté aux circonstances. Ce geste relève de ma vie privée, et je ne me sens aucunement tenu de m’en justifier.


Depuis toujours, j’ai fait de la rencontre avec les autres une philosophie de vie. Au fil de mes voyages sur différents continents, j’ai souvent choisi de séjourner chez l’habitant, non par curiosité malsaine, voyeurisme ou calcul, mais par respect sincère et par envie de partager des moments authentiques.


Certains proches — pas forcément des membres de ma famille — ont partagé cette aventure à mes côtés. Leur témoignage est clair : ces expériences les ont marqués. Je suis reconnaissant envers la vie de m’avoir doté de cette facilité à communiquer et à me sentir chez moi, où que je sois. #SATORI #AmnestyInternational


 
 
 

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Auteur : Phil Tchang
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